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lundi 5 août 2013

Une cage ouverte.

La boucle est donc bouclée.

Me voilà pour ainsi dire sorti de ce que certains appellent "le placard", un terme qui ne me correspond cependant pas. Lorsque l'on est séquestré dans un placard, on se retrouve dans l'obscurité fatale, dans des ténèbres dénuées de tout espoir. Certains évoqueront certes les rais de lumière provoqués par ces interstices permettant au meuble de ne pas empester le renfermé, mais cette tendance à broyer du noir, je ne l'ai jamais ressentie, du moins en ce qui concerne mon orientation sexuelle.

Non, le fait de mentir, et de peindre une toile de secrets, de non-dits et de silence en brouhaha m'évoque plutôt l'image d'une cage dont les barreaux de peur et de honte étaient suffisamment espacés pour me permettre de contempler, et même d'effleurer du bout des doigts les merveilles du monde m'entourant et me narguant. Je disposais néanmoins de la clef du cadenas assurant ma captivité, mais, dans un premier temps, je n'avais pas conscience de cette possession miraculeuse. Par la suite, cette fresque de liberté a exercé sur ma personne une espèce d'intimidation fantasmagorique. Je craignais le jugement, le rejet. Toutefois, et tel un papillon de nuit attiré par la lueur du néon, je ressentais cette velléité de scier ces barreaux d'acier me séparant du moi dont je rêvais. Aujourd'hui sorti de ma volière, je réalise à quel point j'avais tort de me méfier de mon entourage et d'avoir imaginé ne serait-ce qu'une seconde un dénouement tragique.

Je me sens désormais libre, mais cette sensation d'avoir perdu des années de vie, à mentir et à cacher qui je suis persiste et laisse un goût amer en bouche.


mardi 25 septembre 2012

La solitude à plusieurs.



7 milliards d’êtres humains sur terre. Et tant d’âmes esseulées. Comment cela est-il possible ? Il m’arrive souvent de me sentir comme la personne la plus seule au monde dans les endroits les plus bondés.  Et pourtant je suis un rassembleur. Mais, parfois, c’est la personne qui s’évertue à faire rire les autres qui est la plus triste au fond d’elle-même.

Sur la piste de danse, je transpire, lançant tour à tour des sourires et des épées fatales. Je semble toujours passer le plus beau moment de ma vie, mais la vie nocturne est un théâtre. On sort pour oublier qu’à l’intérieur tout n’est pas parfait. Alors, on boit. D’ailleurs, pourquoi boit-on ? Si tout allait pour le mieux, dans le meilleur des mondes, boirait-on à en être malade ? Je ne le crois pas. On boit pour convoquer la fée verte, on sort pour se sentir moins seul.  Une fois la fête terminée, les lumières débranchées et le podium démonté, la place à mes côtés reste libre. Terriblement libre.

C’est la même chose à l’école. J’aime faire le clown comique. Jamais le triste. J’ai ces grimages permanents sur mes traits. Enfin, semi-permanents, car, une fois rentré chez moi, ces arbres, ce silence, ce froid me rappellent que ma vie ne tient qu’à des éclats de rire feints et quelques sorties libératrices.

Comme une pute enchaine les amants, j’enchaine les gens. Ils sont nombreux à avoir fait partie de ma vie, mais pour la plupart, ça n’a duré qu’un temps. Ce n’est même pas une fatigue de ma part, ni une paresse à rester en contact, j’ai ce besoin de sans cesse renouveler mon environnement, quitte à endosser les reproches et les remords.

Oui, j’ai des amis. Et ils sont en or, je ne le tairai point. Mais il arrive un moment, dans la vie, où vous réaliser que donner l’intégralité de votre énergie et de votre temps à votre travail et vos amis n’est pas une combinaison optimale. Il manque une dimension. Je pourrais être dans un avion, entouré de centaines d’amis et de personnes qui ont tenu une place dans mon cœur, ce siège resterait vide, à mes côtés. Et tant qu’il ne sera occupé, vous me verrez rire pour pleurer, danser pour m’effondrer, fumer pour embrasser et embraser un cœur.