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samedi 6 août 2011

Los Angeles 101.


Une fois de plus, c’est un désert traversé et des centaines de kilomètres parcourus. Depuis la dernière fois, j’ai vécu pas mal d’expériences pour le moins intéressantes. Apres avoir perdu deux jours à Phoenix, nous avons pris la route de l’ouest, afin de regagner la Californie. Nous nous y sommes laissés gagner par le charme de San Diego. C’est effectivement probablement la ville la plus latine des Etats-Unis, avec les peaux teintées par le soleil, ses innombrables terrasses où il fait bon s’arrêter de vivre et de siroter une Margarita autour de quelques tapas et ses rythmes exotiques çà et là. La chaleur y fut moins étouffante que lors des dernières semaines et c’est avec grande joie que nous avons ressorti les gilets !
Nous avons profité de cette ambiance et de la proximité de la frontière mexicaine pour… passer la bordure et y découvrir Tijuana, surnommée le bordel de l’Amérique. Rien que ça. Et pas à tort. Tout s’y monnaie en sexe, dollars et alcool. Les jeunes américains viennent y boire légalement et rentrent ensuite chez eux tout simplement. Quoique… On a pu voir la différence entre les deux pays, au niveau de l’immigration. Pour entre au Mexique, il suffit de passer un ridicule portique, comme si vous entriez dans une attraction dans un parc de loisirs. Aucun document ne vous est demandé, on ne vous jette pas même un regard. Par contre, dans l’autre sens, lorsque vous décidez de regagner les USA, vous vous trouvez confronté à une file… de plus d’1 kilomètre de long, plusieurs heures d’attentes en plein soleil, pour arriver à un bureau où l’on vous demande si vous transportez des armes nucléaires ou autres produits explosifs. Une autre différence marquante… La condition de vie est bien supérieure aux Etats-Unis qu’au Mexique. On s’en doutait, bien sûr, mais cette fois, j’ai réellement compris la raison pour laquelle les mexicains rêvent de rêver le rêve américain. Tout semble sale, détruit, que ce soient les rues, les bâtiments ou bien les gens. Cette ville pue le mal-être. Mais ce fut intéressant d’y pénétrer et de pouvoir mieux cerner la question américano-mexicaine.
Après ces pérégrinations mexicaines, nous avons débuté la remontée de la côte ouest. Nous sommes notamment passés par la cité des anges. Endroit que je déteste profondément. Tout le monde parle toujours de Los Angeles comme d’un rêve. Alors c’est ça le rêve ? Avoir pour seuls commerces des McDonalds tous les 3 blocs ainsi que pour seul café, le Starbuck’s de chaque coin de rue, c’est utopique ? Non. C’est nauséabond, laid, triste, atroce. Je déteste Los Angeles. Les rencontres que j’y ai faites ce weekend m’ont d’ailleurs conforté dans mon idée. Après avoir dépensé des dizaines de dollars en taxi pour trainer dans les quartiers gay branchés (où je n’ai rien pu faire car moins de 21 ans), j’ai fait la rencontre de deux personnes, dans une petite rue à l’écart. Après avoir fait un état des lieux de leur niveau intellectuel et social, j’ai compris qu’ils étaient honnête et dans la détresse. Je les ai emmenés au restaurant où nous avons partagé une conversation d’une longueur incroyable à propos de comment les Etats-Unis leur ont retiré leur honneur et leur ont tout pris en les piétinant et les jetant à la rue. C’était très intéressant de parler de désillusion américaine avec les premiers concernés : les bernés du système. Un récit émouvant qui m’a touché au plus profond de moi-même. En rentrant à l’hôtel, tard dans la soirée, j’ai réalisé que j’avais la mauvaise adresse. Mon taxi m’a donc déposé au mauvais endroit et j’ai marché durant quelques heures jusque mon hôtel. Ce fut assez traumatisant, mais tellement bon. Particulièrement en écoutant « Thank you » d’Alanis Morissette.
Ma dernière étape pour cet article, c’est le lieu où je me trouve actuellement ! Santa Barbara. Il s’agit d’une station balnéaire très coquette où le centre ville est très bien assorti, avec ses magasins divers, construits et décorés dans un style linéaire. Cela crée une espèce de continuité qui est ma foi très agréable à la vue. Le temps y est magnifique (80% de l’année y est ensoleillée) et les habitants sont

mercredi 13 juillet 2011

Phoenix 104, Arizona 55.


Voilà, Je prends enfin le temps d’écrire un peu. Je n’ai effectivement pas énormément de temps pour m’adonner à l’écriture, entre la traversée des canyons et autres déserts arides, et les longues heures de route pour rejoindre mes lieux de destination. Ne vous en faites pas, je ne vous infligerai pas chaque détail de mon voyage, sachez juste que je prends beaucoup de plaisir à revoir les lieux où j’ai aimé, rigolé et pleuré, ainsi qu’à découvrir des portions de routes que j’avais ignorées jusqu’ici.

Les rencontres, c’est toujours ce qui rend mes voyages inoubliables, tisser des liens avec des gens qu’a priori je n’aurais jamais eu la chance de croiser sur mon chemin. J’ai déjà eu la chance de connaitre plusieurs personnes de divers horizons, et je suis content de mon séjour rien que pour cela. Il y a les bonnes rencontres,… et les mauvaises, comme toujours. Mais les mauvaises expériences mettent d’autant plus en valeur les beaux moments d’un voyage !

J’ai découvert une nouvelle dimension de ce pays, les Etats-Unis. Un pays dont on rêve souvent. « Aah, le rêve américain ». Je le savais déjà l’année passée, il n’en est rien. Mais en pénétrant plus profondément dans l’Amérique, la désillusion m’a encore plus frappée que lorsque je séjournais à San Francisco. J’ai un très bon exemple : Las Vegas. Lorsque vous arrivez à Vegas, la ville des vices, vous êtes époustouflés de partout. Entre les néons aveuglants des grands casinos, et l’architecture exceptionnelle des hôtels, vous êtes émerveillés par ce Disneyland pour adultes. Le second jour, après avoir joué quelques dollars dans des machines à sous (et remporté $16, pour ma part), vous entrapercevez un vice autre que le sexe, l’alcool et le jeu. Vous découvrez l’énorme faille de la société actuelle. C'est-à-dire que des gens jouent (et perdent, la plupart du temps) leurs économies, en consommant à tout va, lorsque dehors, sur le trottoir, gisent des sans-abris. Ensuite, vous apprenez que des milliers de sans-logis résident dans les canalisations en sous-sol. Cela fait tout de même un drôle d’effet. Au soir, vous vous sustentez dans un des innombrables buffets de la ville. Vous vous voyez choisir entre de la nourriture mexicaine, européenne, américaine, et même orientale. Le gaspillage est omniprésent. Idem pour les boissons : la politique américaine en matière de restauration veut que vous soyez abreuvés jusqu’à plus soif. C’est le Refill. On vous sert un nouveau verre dès que vous arrivez à la moitié du précédent. Même si vous déclinez l’offre. Je dois le dire, je suis reparti un peu écœuré de Sin City, content de revenir à des paysages plus authentiques (bye bye le papier mâché) et à des populations plus obnubilées par votre être que votre avoir.

Heureusement pour mon équilibre personnel, il m’a été donné la chance de découvrir des endroits absolument magnifiques. Je m’étais déjà rendu dans le parc de Yosemite l’année dernière, mais les circonstances et la saison ont fait que je n’ai pu apprécier pleinement la beauté de la nature. J’y ai vu la magnificence de la faune et de la flore, avec des animaux tels que les lynx ou les coyotes et les arbres les plus grands du monde, les séquoias géants. Le lendemain de mon départ, je me retrouvais dans la plénitude du désert de la Vallée de la Mort, avec ses rochers, ses dunes de sable et ses canyons insoupçonnés. Les paysages y sont incroyablement calmes et purs. Les endroits sur terre où aucun son ne se laisse percevoir sont très rares. La vallée de la mort, avec son panorama lunaire en est un. Enfin, Je me suis rendu au légendaire Grand Canyon, où j’ai pu constater à quel point nous ne sommes rien. J’aimerais vous faire partager mon expérience avec les somptueuses photographies que j’ai pu tirer de ces contrées merveilleuses, mais le relief, le son, la grandeur de ces lieux ne peuvent transparaître dans un cliché.

Ce soir, me voici à Phoenix, dans l’Arizona. Cet endroit est plutôt une ville-étape qu’un lieu de découverte. Il s’agit de la 5ème plus grande ville des Etats-Unis, et elle n’est donc qu’une immense banlieue, sans réel centre-ville, sans réel intérêt. Je fais ma lessive, dans le motel où je réside pour la soirée, le long d’une autoroute, en observant du coin de l’œil ce magnifique coucher de soleil entre quelques palmiers et autres cactus. J’aime le coté vaste de ce pays. C’est probablement cela qui rend mon épopée si passionnante. On passe d’un accent purement américain, à un accent mexicain, on passe de cascades d’eau dans la forêt, à des dunes de sable à perte de vue, on passe de 18 degrés Celsius à 50 degrés à l’ombre (sans ombre possible) on passe de nids de fourmis à des endroits de vraie solitude. Et je continue la route. A bientôt.

Tom.