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jeudi 18 avril 2013

Le messager.

J'ai entrepris un long voyage, de coeur, de terre, d'air et de mer.

L'idée m'est venue sans crier gare, comme si je m'étais un jour réveillé sur une barque, un étrange commandant m'emmenant faire un tour. Un tour de force, tour du monde, des émotions et des couleurs.

Où allons-nous? Je l'ignore franchement. Mais laissons-nous porter par les vents et marées, chose à laquelle je ne suis pas habitué. J'aime tout planifier. Mais ce périple insouciant est une des plus belles expériences que j'aie pu entamer de mon existence.

Ce commandant fantasmagorique, cet ange venu me guider est un messager. Sans m'annoncer la destinée à destination, ni les escales pour y arriver, il m'emmène. Là où je scintille aux yeux de tous, comme à l'ombre de moi-même, il m'emmène. Des turbulences nous ont secoué, des doutes d'itinéraire nous ont vu nous égarer et des tempêtes ont pu nous emporter, mais que serait une vie sans bras cassé, sans casier?

Mais la route est belle, dégagée, et semble s'offrir à nous d'une manière si naturelle qu'aucune raison ne parviendra à me convaincre de reculer, de renoncer à mon messager. Dieu sait où nous allons accoster: des ports d'été, toundras hivernales ou manoirs hantés. J'en suis déjà excité.

Je l'aime, mon messager, tant qu'il me mène vers des contrées que seul, je n'aurais jamais visitées.

samedi 6 août 2011

Los Angeles 101.


Une fois de plus, c’est un désert traversé et des centaines de kilomètres parcourus. Depuis la dernière fois, j’ai vécu pas mal d’expériences pour le moins intéressantes. Apres avoir perdu deux jours à Phoenix, nous avons pris la route de l’ouest, afin de regagner la Californie. Nous nous y sommes laissés gagner par le charme de San Diego. C’est effectivement probablement la ville la plus latine des Etats-Unis, avec les peaux teintées par le soleil, ses innombrables terrasses où il fait bon s’arrêter de vivre et de siroter une Margarita autour de quelques tapas et ses rythmes exotiques çà et là. La chaleur y fut moins étouffante que lors des dernières semaines et c’est avec grande joie que nous avons ressorti les gilets !
Nous avons profité de cette ambiance et de la proximité de la frontière mexicaine pour… passer la bordure et y découvrir Tijuana, surnommée le bordel de l’Amérique. Rien que ça. Et pas à tort. Tout s’y monnaie en sexe, dollars et alcool. Les jeunes américains viennent y boire légalement et rentrent ensuite chez eux tout simplement. Quoique… On a pu voir la différence entre les deux pays, au niveau de l’immigration. Pour entre au Mexique, il suffit de passer un ridicule portique, comme si vous entriez dans une attraction dans un parc de loisirs. Aucun document ne vous est demandé, on ne vous jette pas même un regard. Par contre, dans l’autre sens, lorsque vous décidez de regagner les USA, vous vous trouvez confronté à une file… de plus d’1 kilomètre de long, plusieurs heures d’attentes en plein soleil, pour arriver à un bureau où l’on vous demande si vous transportez des armes nucléaires ou autres produits explosifs. Une autre différence marquante… La condition de vie est bien supérieure aux Etats-Unis qu’au Mexique. On s’en doutait, bien sûr, mais cette fois, j’ai réellement compris la raison pour laquelle les mexicains rêvent de rêver le rêve américain. Tout semble sale, détruit, que ce soient les rues, les bâtiments ou bien les gens. Cette ville pue le mal-être. Mais ce fut intéressant d’y pénétrer et de pouvoir mieux cerner la question américano-mexicaine.
Après ces pérégrinations mexicaines, nous avons débuté la remontée de la côte ouest. Nous sommes notamment passés par la cité des anges. Endroit que je déteste profondément. Tout le monde parle toujours de Los Angeles comme d’un rêve. Alors c’est ça le rêve ? Avoir pour seuls commerces des McDonalds tous les 3 blocs ainsi que pour seul café, le Starbuck’s de chaque coin de rue, c’est utopique ? Non. C’est nauséabond, laid, triste, atroce. Je déteste Los Angeles. Les rencontres que j’y ai faites ce weekend m’ont d’ailleurs conforté dans mon idée. Après avoir dépensé des dizaines de dollars en taxi pour trainer dans les quartiers gay branchés (où je n’ai rien pu faire car moins de 21 ans), j’ai fait la rencontre de deux personnes, dans une petite rue à l’écart. Après avoir fait un état des lieux de leur niveau intellectuel et social, j’ai compris qu’ils étaient honnête et dans la détresse. Je les ai emmenés au restaurant où nous avons partagé une conversation d’une longueur incroyable à propos de comment les Etats-Unis leur ont retiré leur honneur et leur ont tout pris en les piétinant et les jetant à la rue. C’était très intéressant de parler de désillusion américaine avec les premiers concernés : les bernés du système. Un récit émouvant qui m’a touché au plus profond de moi-même. En rentrant à l’hôtel, tard dans la soirée, j’ai réalisé que j’avais la mauvaise adresse. Mon taxi m’a donc déposé au mauvais endroit et j’ai marché durant quelques heures jusque mon hôtel. Ce fut assez traumatisant, mais tellement bon. Particulièrement en écoutant « Thank you » d’Alanis Morissette.
Ma dernière étape pour cet article, c’est le lieu où je me trouve actuellement ! Santa Barbara. Il s’agit d’une station balnéaire très coquette où le centre ville est très bien assorti, avec ses magasins divers, construits et décorés dans un style linéaire. Cela crée une espèce de continuité qui est ma foi très agréable à la vue. Le temps y est magnifique (80% de l’année y est ensoleillée) et les habitants sont

mercredi 27 juillet 2011

Le deuil / Jet-lag.


Parfois, je ne le cacherai pas, je suis en décalage. Décalage par rapport à ma vie, mes valeurs, mes attentes ou mes rêves. Il n'est effectivement pas toujours simple de garder les pieds sur terre, et c'est souvent en volant, en prenant le volant et en s'éloignant que l'on peut alors prendre conscience de la route parallèle que l'on a pris sans s'en rendre compte.

Ainsi, en voyageant cet été, en vivant mon idylle américain, j'ai réalisé à quel point je m'étais éloigné de moi-même cette dernière année. Je ne voulais plus faire d'études dans l'optique de devenir traducteur, mais parce qu'il me fallait réussir. Je ne cherchais plus l'amour par délectation du sentiment, mais en vue de combler un vide insoutenable. Je n'écrivais plus pour le plaisir mais pour la délivrance d'une âme lourde à supporter. Je ne sortais plus pour m'amuser mais pour m'enfuir d'une vie qui me dépassait.

Je suppose que c'est ce que l'on appelle "faire un deuil".

Lors d'un décès, il n'y a pas que le défunt qui part en voyage. L'entourage subit cette disparition injuste, comme un cadeau que l'on vous aurait repris des mains. Et il en souffre. Il se blesse à ne savoir plus où il se trouve ni où aller. Comme lors d'un vol outre-atlantique, on en sort déboussolé, dans une zone temporelle-émotionnelle inadéquate, floue, tel un avion en turbulences. Puis, vous vous remettez du trajet, vous vous reprenez en main, et vous vous autorisez à rouvrir les yeux sur votre existence le chemin continue.

La route est belle, mes amis, tant que le coeur y est...

mercredi 13 juillet 2011

Phoenix 104, Arizona 55.


Voilà, Je prends enfin le temps d’écrire un peu. Je n’ai effectivement pas énormément de temps pour m’adonner à l’écriture, entre la traversée des canyons et autres déserts arides, et les longues heures de route pour rejoindre mes lieux de destination. Ne vous en faites pas, je ne vous infligerai pas chaque détail de mon voyage, sachez juste que je prends beaucoup de plaisir à revoir les lieux où j’ai aimé, rigolé et pleuré, ainsi qu’à découvrir des portions de routes que j’avais ignorées jusqu’ici.

Les rencontres, c’est toujours ce qui rend mes voyages inoubliables, tisser des liens avec des gens qu’a priori je n’aurais jamais eu la chance de croiser sur mon chemin. J’ai déjà eu la chance de connaitre plusieurs personnes de divers horizons, et je suis content de mon séjour rien que pour cela. Il y a les bonnes rencontres,… et les mauvaises, comme toujours. Mais les mauvaises expériences mettent d’autant plus en valeur les beaux moments d’un voyage !

J’ai découvert une nouvelle dimension de ce pays, les Etats-Unis. Un pays dont on rêve souvent. « Aah, le rêve américain ». Je le savais déjà l’année passée, il n’en est rien. Mais en pénétrant plus profondément dans l’Amérique, la désillusion m’a encore plus frappée que lorsque je séjournais à San Francisco. J’ai un très bon exemple : Las Vegas. Lorsque vous arrivez à Vegas, la ville des vices, vous êtes époustouflés de partout. Entre les néons aveuglants des grands casinos, et l’architecture exceptionnelle des hôtels, vous êtes émerveillés par ce Disneyland pour adultes. Le second jour, après avoir joué quelques dollars dans des machines à sous (et remporté $16, pour ma part), vous entrapercevez un vice autre que le sexe, l’alcool et le jeu. Vous découvrez l’énorme faille de la société actuelle. C'est-à-dire que des gens jouent (et perdent, la plupart du temps) leurs économies, en consommant à tout va, lorsque dehors, sur le trottoir, gisent des sans-abris. Ensuite, vous apprenez que des milliers de sans-logis résident dans les canalisations en sous-sol. Cela fait tout de même un drôle d’effet. Au soir, vous vous sustentez dans un des innombrables buffets de la ville. Vous vous voyez choisir entre de la nourriture mexicaine, européenne, américaine, et même orientale. Le gaspillage est omniprésent. Idem pour les boissons : la politique américaine en matière de restauration veut que vous soyez abreuvés jusqu’à plus soif. C’est le Refill. On vous sert un nouveau verre dès que vous arrivez à la moitié du précédent. Même si vous déclinez l’offre. Je dois le dire, je suis reparti un peu écœuré de Sin City, content de revenir à des paysages plus authentiques (bye bye le papier mâché) et à des populations plus obnubilées par votre être que votre avoir.

Heureusement pour mon équilibre personnel, il m’a été donné la chance de découvrir des endroits absolument magnifiques. Je m’étais déjà rendu dans le parc de Yosemite l’année dernière, mais les circonstances et la saison ont fait que je n’ai pu apprécier pleinement la beauté de la nature. J’y ai vu la magnificence de la faune et de la flore, avec des animaux tels que les lynx ou les coyotes et les arbres les plus grands du monde, les séquoias géants. Le lendemain de mon départ, je me retrouvais dans la plénitude du désert de la Vallée de la Mort, avec ses rochers, ses dunes de sable et ses canyons insoupçonnés. Les paysages y sont incroyablement calmes et purs. Les endroits sur terre où aucun son ne se laisse percevoir sont très rares. La vallée de la mort, avec son panorama lunaire en est un. Enfin, Je me suis rendu au légendaire Grand Canyon, où j’ai pu constater à quel point nous ne sommes rien. J’aimerais vous faire partager mon expérience avec les somptueuses photographies que j’ai pu tirer de ces contrées merveilleuses, mais le relief, le son, la grandeur de ces lieux ne peuvent transparaître dans un cliché.

Ce soir, me voici à Phoenix, dans l’Arizona. Cet endroit est plutôt une ville-étape qu’un lieu de découverte. Il s’agit de la 5ème plus grande ville des Etats-Unis, et elle n’est donc qu’une immense banlieue, sans réel centre-ville, sans réel intérêt. Je fais ma lessive, dans le motel où je réside pour la soirée, le long d’une autoroute, en observant du coin de l’œil ce magnifique coucher de soleil entre quelques palmiers et autres cactus. J’aime le coté vaste de ce pays. C’est probablement cela qui rend mon épopée si passionnante. On passe d’un accent purement américain, à un accent mexicain, on passe de cascades d’eau dans la forêt, à des dunes de sable à perte de vue, on passe de 18 degrés Celsius à 50 degrés à l’ombre (sans ombre possible) on passe de nids de fourmis à des endroits de vraie solitude. Et je continue la route. A bientôt.

Tom.

mercredi 25 mai 2011

La vie en classe éco.


Voyager, c'est vivre et partager un million de vies. On peut un jour découvrir le quotidien d'un indigène papouasien et le lendemain jouer ses économies à Vegas, déguster des spécialités marocaines et ensuite célébrer le carnaval de Rio. Quelle vie trépidante, que de s'endormir à Bangkok pour se réveiller à New York. Ces expériences forgent la personnalité et façonnent la vision du monde et de la vie que l'on peut avoir. Ce vécu apprend également à gérer diverses difficultés, à agir dans notre intérêt. Le destin est ponctué de sombre périples qui nous permettent d'apprécier les plus belles excursions de l'existence.

La vie est une histoire de rencontres. Ce sont elles qui transforment un homme en ce qu'il est. En tissant des liens avec d'autres citoyens du monde, on les autorise à bouleverser son quotidien, et donc notre vie. C'est comme cela que l'on ponctue ses jours de moments mémorables et de souvenirs intenses.

On dit souvent que durant les ultimes instants, on revoit le film de sa vie. S'il est possible de parcourir le monde durant ces dernières secondes, cela montre a quel point la vie fut un voyage fabuleux et que l'on s’apprête à embarquer pour une nouvelle croisière.